Mission 2014 – Atti Attovou

Lomé

Lors de notre arrivée au Togo, nous avons passé quelques jours à Lomé, la capitale afin de régler les démarches administratives mais également pour en profiter pour donner à la JMV ce que nous avions ramenés de France pour qu’ils le distribuent de la façon la plus utile possible. Il y avait donc des vêtements, des jouets, jeux, crayons de couleurs, feuilles, cahier et peluches qui seront offerts à des orphelinats, des écoles ou directement dans les villages des prochains camps de la JMV-Togo. Ainsi ils seront libres de les distribuer à ceux qui en auront le plus besoin sur place.

Atti – Attovou

Pour cette deuxième mission au Togo, nous avons construit avec la JMV un projet de rénovation du dispensaire d’Atti-Atovou.  C’est un village de 872 habitants, mais dont le dispensaire sert pour d’autres villages autour. Son importance est donc avérée.

Le personnel du dispensaire est composé de 3 membres. Le major, gérant le dispensaire, c’est l’équivalent d’un infirmier avec une formation supplémentaire. La matrone, qui sert d’accoucheuse et s’occupe également des pansements, de la petite chirurgie si besoin. Une aide-soignante qui aide les deux personnes précédentes à travailler dans les meilleures conditions possibles.

Tout d’abord, nous avons entrepris la rénovation de ce dispensaire. En parallèle de cela, nous avons établi avec le major, une liste des maladies les plus fréquemment rencontrées et du coup leurs plus gros besoin en médicaments. Ensuite nous avons contribué à ce que le dispensaire ait un stock de médicaments nécessaire et suffisant pour pouvoir fonctionner. Enfin, nous avons fait  de la prévention contre le VIH/SIDA et le paludisme. En tout, nous avons offert une autonomie en médicaments équivalent à un trimestre, plus les dispositifs médicaux offerts par PHI.

RENOVATION DU DISPENSAIRE

Le dispensaire était dans un état d’insalubrité tel que les fonds du dispensaire ne permettaient pas de le rénover.

Tout d’abord, le toit était perforé, laissant ruisseler l’eau de pluie. En effet, les chauves-souris y nichaient et leurs excréments entraînaient des trous dans les tôles constituant le toit. C’est pourquoi nous avons décidé de changer les tôles et de disposer quelques tôles transparentes afin d’éviter la venue de chauves-souris grâce à  d’avantage de lumière. Ce travail a été effectué par les charpentiers du village. Toute la toiture a été enlevée et changée, ce qui a nécessité 170 tôles.

                    Mise en place du toit

Une fois le toit achevé, nous avons commencé les travaux intérieurs. En cette saison de pluie qu’est le mois de juillet, il était important d’avoir fini le toit pour protéger le matériel et le travail intérieur.

Nous avons donc poncé et repeint  tous les murs, portes,  fenêtres et façades extérieures. Ensuite, les maçons ont fabriqués la table d’accouchement et nous nous sommes occupés de faire des moustiquaires grâce au menuisier bénévole de la JMV.

 

                 Fabrication de moustiquaires

                 Ponçage et peinture des murs

Une fois le bâtiment  rénové, nous avons poncé et repeint les lits fonctionnels mais rouillés dont disposait le dispensaire. Nous y avons ajouté des matelas que nous avons achetés à Lomé,  et que nous avons fait recouvrir d’une housse facile à laver et résistante.

Ensuite, nous avons fabriqué et peint des étagères pour qu’ils puissent mieux ranger leurs registres, les dispositifs médicaux et autres car on a vu qu’il manquait de place. 7 étagères et armoires ont été faites par le menuisier de la JMV puis elles ont été peintes par nos soins.

De part notre expérience acquise dans d’autres missions et de commun accord avec le major du dispensaire, nous avons décidé de faire construire une table d’accouchement par les maçons du village. Contrairement à l’ancienne qui était en fer et toute rouillée, constituant un danger pour le personnel et les femmes enceintes, celle-ci durera plus longtemps et surtout sera plus adaptée aux mesures d’hygiène du dispensaire.

ACHATS DES MEDICAMENTS ET APPORT DU MATERIEL MEDICAL

Nous avons commencé par voir avec le major sa tenue des comptes, des registres de malade et des stocks de la pharmacie. On a vu que c’était très bien géré et que la major s’occupait très bien de la pharmacie. Il nous a fourni une liste des médicaments qu’il utilisait le plus dans ses soins, selon ses registres et ses comptes. Nous avons vérifié cette liste et l’avons validé.

Quelques jours plus tard, nous nous sommes rendus à la capitale, pour voir ce que nous pouvions faire en fonction de notre budget et afin d’acheter chez un grossiste répartiteur agrée par Sanofi les médicaments de la liste. Au final une autonomie de trois mois en termes de médicaments a été permise par cet achat.

En ce qui concerne les dispositifs médicaux, Pharmacie Humanitaire Internationale (PHI), avec qui nous nous sommes entretenus à  Montpellier et sommes en partenariat, nous a donné  le matériel que nous jugions utile en fonction du stock dont ils disposaient. Nous avons donc apporté le matériel médical de Montpellier.

Nous avons alors fourni au dispensaire des bandes, compresses, pansements et autres matériaux tels que des béquilles et un déambulateur,…

      Tri et inventaire des dispositifs médicaux

Ce stock initial devrait permettre au dispensaire de se réapprovisionner. Les cahiers de comptes nous ont paru bien tenus et lors du rangement des médicaments, le major a écrit au fur et à mesure les quantités fournies en les comparants avec celles que nous avions comptées pour chaque médicament dans un registre de gestion des stocks. Cela devrait permettre un bon roulement du stock. Un suivi du fonctionnement du dispensaire sera réalisé. Pendant l’année scolaire, la JMV y veillera et l’été suivant la prochaine équipe de Pharma humanitaire fera à nouveau un passage à Atti-Atovou afin de vérifier que le cahier de charge ait été respecté et redynamiser la pharmacie.

Le but est d’arriver à terme à l’autonomie du dispensaire.

L’INCINERATEUR

L’un des objectifs de notre mission était l’achat d’un incinérateur pour faciliter les destructeur des déchets médicaux, qui très souvent sont entassés et jetés un peu partout, pouvant constituer à long terme des risques sanitaires pour les personnes. Après échange avec l’équipe médicale, se basant sur un retour de leur expérience, nous avons mis en place un système d’incinérateur peu coûteux et utilisable à petite échelle. Le major nous a parlé de ce système qu’il a vu dans d’autres dispensaires. Le système est très rudimentaire, une grille en fer forgé sur trois parpaings disposés en triangle, et sur cette grille un gros tonneau en fer. Le principe est simple, il suffit de faire un feu sous la grille et le tonneau contiendra suffisamment la chaleur pour faire fondre les déchets. C’est un système peu coûteux que nous avons tenté de mettre en place comme expérience. Nous attendons donc les retours de la JMV-Togo pour nous dire si cela marche de façon efficace ou non.

PANNEAU SOLAIRE

Le village d’Atti-Atovou comme beaucoup d’autres villages du Togo n’est approvisionné en électricité. Ce facteur complique un peu plus la prise en charge des patients la nuit. Désireux d’agir sur ce problème, nous avons prospecté divers vendeurs de panneaux solaires sur Lomé. C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés d’un qui proposait une formule qui correspondait à nos besoins. Après une dure négociation, l’achat fût fait. La mise en place de ce panneau solaire fut la dernière grande étape de la mission. Grâce à un électricien et les spécialiste des panneaux solaires que nous sommes allés chercher à Lomé, le dispensaire a obtenu l’autonomie énergétique. En tout 15 ampoules basse consommation et deux prises ont été implantés dans le dispensaire.

PREVENTION PALUDISME

Nous avons réalisé plusieurs demi-journées de prévention paludisme, grâce à des mallettes ludo-éducatives et  de jeux offertes par Sanofi. Nous avons ainsi fait la prévention auprès de tous les enfants de l’école primaire et du collège. Nous leur avons par ailleurs fait remplir un questionnaire avant et après pour déterminer l’évolution de leurs connaissances. C’était un point important de notre mission, en plus le major nous expliquait qu’en cette saison 2 patients sur 3 qui venaient au dispensaire, le faisaient pour un problème de paludisme. En sensibilisant les plus jeunes, on espère ainsi qu’ils partageront leurs connaissances et contribueront à terme à la baisse de la fréquence de cette maladie.